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Quelques idées préalables pour la relance économique

Quelques idées préalables pour la relance économique

Pour prévenir le retour du conflit, il faut assurer très rapidement la sécurité, réinstaurer la justice et créer de l’emploi pour les jeunes. Le besoin urgent de création d’emploi impose une politique d’expansion budgétaire pour maintenir l’emploi public et stimuler l’emploi privé. L’impératif de la stabilité macroéconomique impose une coordination étroite entre les politiques monétaire et budgétaire pour contenir l’inflation et le déficit budgétaire. Les mesures préalables pour la relance économique sont donc une politique active de création et soutien à l’emploi public et privé, une politique budgétaire soutenable et une politique monétaire accommodante.

Une politique active de création et soutien à l’emploi public et privé:

La situation de conflit ayant dégradé la qualité des services publics de base (santé, éducation, sécurité, justice), le recrutement et la formation des formateurs dans ces domaines doit être une priorité, suivi du recrutement du complément des agents de santé de base, d’éducation de base, de sécurité et de justice pour assurer la provision et la qualité de ces services publics sur l’étendue du territoire. De même, la dégradation des infrastructures économiques (routes et ponts, réseau électrique, réseau d’abduction d’eau potable, réseau d’assainissement) durant ces années de crises exige un investissement public urgent pour leur remise à niveau et leur maintenance en utilisant des technologies intensives en main d’œuvre pour supporter la reprise des activités du secteur privé par la stimulation de la demande de biens et services finaux et intermédiaires. En milieu rural, un déploiement massif d’agents de l’ANADER formés aux nouvelles techniques de renforcement de la productivité de l’agriculture familiale et plus proactifs dans leur assistance aux agriculteurs va permettre une augmentation sensible de la production agricole dont la collecte et l’acheminement vers les marchés domestiques et sous régionaux doivent être assistés. Enfin, un programme d’incitation à la formalisation progressive du secteur informel doit être rapidement mis en œuvre pour protéger les acteurs de ce secteur des tracasseries journalières des agents municipaux et souvent des forces de l’ordre.

Une politique budgétaire soutenable :

Pour maintenir le déficit public à un niveau soutenable (moins de 3% dans la mesure du possible), l’augmentation des dépenses publiques du fait de la politique active de création et soutien à l’emploi public et privé doit être compensée par une augmentation nette des revenues de l’Etat, d’une amélioration globale de la qualité de la dépense publique et de la réduction de certains postes de dépenses moins essentiels dans le contexte d’une politique active de création d’emploi. L’augmentation des revenues pourra être assurée par l’amélioration de la collecte fiscale en réduisant la fraude et l’évasion fiscale sans augmenter les différents taux de taxation. La transparence et le renforcement du contrôle interne et externe du circuit de la dépense publique va aussi réduire significativement les déperditions de deniers publics et améliorer le taux et la qualité de l’exécution budgétaire. La réduction du coût des achats publics par une révision systématique des prix homologués et une modernisation de la passation des marchés publics, la rationalisation des fonds communs utilisés pour le paiement des primes, la réduction des voyages à l’étranger ainsi que autres dépenses publiques connexes doivent aussi contribuer à la soutenabilité de la politique budgétaire.

Une politique monétaire accommodante :

La politique monétaire prudente de la BCEAO maintient actuellement l’inflation à un niveau relativement bas. Pour stimuler la relance des activités économiques privées, une réduction des taux d’intérêts préteurs doit être envisagée en consultation avec le secteur bancaire (y compris la BCEAO) pour assurer la disponibilité du crédit tout en maintenant l’inflation à un niveau bas. Ces mesures macroéconomiques doivent être complétées par un programme d’incitation des banques privées à financer les projets des Très Petites/Petites/Moyennes entreprises en déployant un système de garantie publique en collaboration avec les institutions de microcrédit tout en renforçant la capacité de ces institutions de microcrédit à identifier les risques de ces entreprises et la viabilité des projets qu’elles soumettent a financement.

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