+225 20 20 08 76 / +225 05 07 87 57 information@agirensemble-ci.org

Quelques idées pour la relance économique

Quelques idées pour la relance économique

Les mesures préalables suggérées dans notre blog précédent sur la relance de l’économie doivent être accompagnées par l’initiation ou la continuation de réformes essentielles à l’émergence d’une économie moderne : le renforcement des institutions économiques, l’accessibilité de l’infrastructure économique publique et la qualité du capital humain.

Le renforcement des institutions économiques :

Ce renforcement passe par l’identification et l’élimination des pratiques anti-compétitives dans tous les secteurs d’activités, la crédibilisation du droit des affaires en éliminant l’écart entre les lois et les pratiques d’affaires, et la simplification des procédures commerciales identifiées par les acteurs du secteur privé comme des obstacles. Les associations de travailleurs et de consommateurs doivent être aussi consultées pour identifier et désamorcer tout risque potentiel de clash social.

L’accessibilité des infrastructures économiques publiques :

Le réseau de transport, le réseau d’approvisionnement énergétique, le réseau d’eau et d’assainissement, et le réseau d’information-communication-télécommunication forment l’ossature des infrastructures économiques. Leur provision doit prendre en compte la soutenabilité fiscale, sociale et environnementale pour être durable. Une fois déployées, elles doivent être régulièrement maintenus et périodiquement réhabilitées pour en tirer le maximum de bénéfice économique.

La qualité du capital humain :

La formation du capital humain doit s’appuyer sur les services sociaux de base (éducation de base et santé de base) et doser les services de santé et d’éducation secondaires et tertiaires selon l’orientation stratégique de développement du pays. Etant donné le besoin actuel de création massive d’emplois rémunérés, des secteurs intensifs en emploi tels que la restauration, l’hôtellerie, le tourisme, les centres d’appels, l’informatisation de la gestion des Très Petites/Petites/Moyennes entreprise, l’agriculture vivrière et la petite agro-industrie, la gestion des transports publics, la gestions des marchés de gros et de détail, la salubrité publique sont autant de métiers dont la modernisation pourra absorber un grand nombre de diplômés chômeurs après une courte formation professionnelle ciblée.

En outre, l’orientation stratégique de développement du pays doit tenir compte de la conjoncture économique et des contraintes structurelles du pays, tout en reflétant la vision de développement de long-terme de la Cote d’Ivoire. Nous proposons les trois orientations stratégiques suivantes pour assurer une croissante forte, durable et inclusive :

Orientation stratégique 1 : La réduction du risque-pays

La croissance forte dépend du flux constant d’investissement. L’investissement est financé par l’épargne nationale (à travers les investisseurs nationaux) et étrangère (à travers les investisseurs étrangers). Tout investisseur évalue le risque-pays avant de décider s’il investit et combien il investit. Le risque-pays comprend le risque politique (lié à la volatilité politique, la sécurité et la défense nationale) et le risque économique (lié à la qualité de la gestion macroéconomique). Pour attirer de gros investissements, la réduction du risque-pays doit être une priorité, avec la mise en place d’un Comité de Veille Stratégique. Ce comité doit avoir un organe technique mobilisant une équipe multidisciplinaire de très haut niveau, soumettant leurs recommandations en mesures d’urgence à un organe de prise de décision présidé par le Président de la République et incluant les ministères et institutions concernés par les recommandations.

Orientation stratégique 2 : La flexibilisation du marché du travail

La croissance forte et durable dépend de la capacité des travailleurs à acquérir les compétences requises par les emplois plus productifs que les investisseurs sont prêts à fournir. Cela suppose un lien étroit éducation-formation-emploi : l’éducation (secondaire et tertiaire) doit mettre l’accent sur la fongibilité du futur travailleur sur le marché du travail, la formation (initiale et continue) doit être pratique, et l’emploi doit être rémunéré selon la productivité et l’innovation, d’où l’importance de mettre en œuvre un système de rémunération basé sur la performance.

Orientation stratégique 3 : La réorganisation spatiale

La croissance forte, durable et inclusive dépend des économies d’agglomération qui attirent les investisseurs dans les secteurs d’activités urbaines plus rentables, et les travailleurs dans les lieux à même d’accueillir ces secteurs. Cette dynamique d’agglomération qui se renforce mutuellement fait appel à un nouveau regard sur l’urbanisation, le développement territorial et l’intégration régionale. La réorganisation spatiale (et la politique de décentralisation sous-jacente) ne doit pas être utilisée pour forcer l’activité économique non-agricole et non-minière à se disperser sur le territoire, mais plutôt à intégrer les différents espaces. Elle doit s’assurer d’une part que le pôle urbain d’Abidjan est le plus efficace possible et le plus intégré possible avec les pôles urbains de San Pedro, de Bouaké ainsi que les autres grandes villes côtières du golfe de Guinée, et d’autre part, que les services d’éducation et de santé de base sont de bonne qualité et uniforme sur l’étendue du territoire. Enfin, la politique d’urbanisation doit intégrer les zones rurales aux zones urbaines pour y favoriser l’émergence endogène d’activités économiques minières, agricoles et non-agricoles.

Ces trois orientations stratégiques devront être complétées par les stratégies sectorielles proposées par les acteurs du secteur privé et compatible avec le cadre macroéconomique du pays. Le succès d’une telle approche exige une collaboration étroite avec toutes les organisations professionnelles ainsi qu’en mettant en place un système de communication moderne (communément appelé le crowd-sourcing dans le monde anglo-saxon) permettant aux acteurs économiques non-organisées de partager aussi leur préoccupation.

Qu’en pensez-vous ?

Leave a Reply