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Quelques idées pour la réconciliation nationale

Quelques idées pour la réconciliation nationale

Plusieurs tournants mal négociés dans notre histoire commune ont laissé des rancœurs. Sans avoir la prétention d’être exhaustif, citons quelques évènements marquants : la crise de la succession du roi Boa Kouassi dans l’Indenié qui culmine avec des tirs sur la foule en février 1947 ; les saccages et violences entrainant des morts parmi les partisans du Bloc Démocratique Eburnéen et du Parti Progressiste en février 1949, entrainant l’emprisonnement de plusieurs responsables du PDCI-RDA à la prison de Grand-Bassam ; la disparition inexpliquée du Sénateur Biaka Boda en janvier 1950 ; la crise de la menace de cession du Sanwi entre 1959 et 1966; les nombreuses arrestations politiques de 1963 et 1964 et la mort mystérieuse d’Ernest Boka en février 1964 ; la crise du Guébié avec la proclamation de l’Etat d’Eburnie par Kragbé Gnagbé en octobre 1970 ; le retour au multipartisme en 1990 dans un contexte survolté ; et le premier coup d’Etat vécu par notre pays en décembre 1999. Le Forum pour la Réconciliation de 2001 s’est fait l’écho de ces évènements, et nous devons toujours faire face humblement à notre histoire.

La rébellion de 2002 et son corollaire de conflit sanglant de l’après-présidentielle de 2010 est le boulet le plus récent que la Côte d’Ivoire aura à trainer, en tant que peuple, pendant des décennies. Nous ne pouvons échapper à l’impératif d’établir, en temps opportun, les responsabilités des uns et des autres dans la vérité, le pardon et la réconciliation. Mais ce dialogue de vérité suppose la participation volontaire et active de tous. Pour revivre ensemble dès maintenant et nourrir l’espoir d’un idéal socio-économique et politique où chacun donne le meilleur de lui-même pour le bien-être commun, nous devons trouver un terrain d’entente à travers la résolution politique de la crise postélectorale de 2010. Résister à trouver cette résolution politique maintenant est faire preuve de manque de courage politique, car c’est laisser aux générations futures la lourde responsabilité de régler des problèmes que nous avons créés de toute pièce.

La résolution politique de la crise postélectorale de 2010

Ignorer près de la moitié de l’électorat de 2010 ne peut que conduire à une perpétuation des sources du conflit ivoirien. Il faut trouver un terrain d’entente qui rassemble tous les acteurs du conflit. Cela passe nécessairement par une résolution politique de la crise postélectorale de 2010, car il est de notoriété publique que tous les acteurs politiques ivoiriens ont contribué par leurs actions ou leurs inactions aux évènements clés qui ont conduit à la crise postélectorale de 2010 : le retour mouvementé au multipartisme en 1990, le coup d’Etat de 1999, les élections présidentielles « calamiteuses » de 2000, le coup d’Etat manqué transformé en rébellion en 2002, l’organisation des élections présidentielles de 2010 sans le désarmement de la rébellion, la prise effective du pouvoir par le Président Ouattara en 2011 suite à des bombardements intensifs des symboles de l’Etat par l’armée française sous mandat de l’ONU.

Chaque camp a une part de responsabilité dans la situation de crise que nous avons vécu et continuons de vivre d’une certaine manière. Le contenu de la  résolution politique doit donc émerger des discussions franches pour trouver un terrain d’entente et non pas être dicté à l’avance par l’un ou une partie des acteurs. Il nous faut consacrer sans relâche tous les efforts et le temps nécessaire pour que la nation Ivoirienne dans son entièreté soit à nouveau unie face à son destin.

La résolution définitive des causes profondes de la crise

Une fois le terrain d’entente trouvé et tous les acteurs politiques impliqués dans le processus de réconciliation nationale, les causes profondes du conflit doivent être adressées: la nationalité, le foncier, et l’éligibilité et la capacité d’électeur. Pour cela, il faut ouvrir un débat inclusif avec les Partis politiques, les ONG ainsi que les associations cultuelles, culturelles et ethniques pour identifier les amendements nécessaires au code de la nationalité, au code foncier et au code électoral et les soumettre à un vote référendaire.

La durée et le succès de ce processus dépend de la présence d’une société civile forte. La société civile n’est pas synonyme d’organisations formelles (par exemple les ONG), mais l’inconscient collectif sous-tendu par de nombreuses organisations informelles telles les associations cultuelles, culturelles et ethniques qui ont des mécanismes endogènes pour coaliser les efforts et appliquer les décisions de la communauté. Il faut encourager et renforcer ces liens en établissant des courroies de communication entre elles. On pourrait par exemple de s’appuyer sur les liens communautaires traditionnels qui sont les jeux alliances, et impliquer fortement la Chambres des rois et chefs traditionnels qui a été installée récemment.

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