+225 20 20 08 76 / +225 05 07 87 57 information@agirensemble-ci.org

Quelques idées pour la création d’emploi en Côte d’Ivoire

Quelques idées pour la création d’emploi en Côte d’Ivoire (1)

Le recensement de 2014 a dénombré 22 million d’habitants en Côte d’Ivoire, dont près de la moitié vivant en zones urbaines. Près de la moitié de ces 11 million de citadins vivent à Abidjan, et près de 2 million vivent à Bouake, Daloa, Man, San-Pedro et Yamoussoukro. Pour avoir un impact massif et rapide sur la création d’emplois, il y a besoin d’une approche simultanée ciblant ces 7 villes en faisant : (1) le renforcement des infrastructures de transport reliant ces villes ; (2) la promotion d’activités économiques porteuses dans ces villes ; et (3) une série de réformes administratives pour faciliter la création d’entreprises et le recrutement des travailleurs dans ces villes.

Le renforcement des infrastructures de transport

Le prolongement de l’autoroute du Nord de Yamoussoukro à Bouake, puis Korhogo doit être une priorité. Pour réduire les coûts de transport pour les opérateurs économiques le long de ce tronçon, le passage ne doit pas être à péage. La construction d’une autoroute reliant Yamoussoukro, Daloa et Man ainsi que les ouvrages d’art nécessaires pour assurer la fluidité du transport le long de ce tronçon doit être la deuxième priorité en matière d’infrastructure économique. L’autoroute Abidjan-Bassam doit être prolongée jusqu’à la frontière ghanéenne avec la réhabilitation de la côtière reliant Abidjan à San-Pedro.

Ces trois axes autoroutiers doivent être complétés avec la réhabilitation du chemin de fer d’Abidjan à Ferké et le développement de points logistiques multimodaux dans les villes secondaires traversées par le chemin de fer pour favoriser les transferts de fret route-rail le long de l’axe Abidjan-Ferké.

La promotion d’activités économiques porteuses dans les 7 villes

Abidjan est caractérisé par un besoin criard en matière de transport public. Les gbakas et woro-woro quoique disponibles en quantités suffisantes ne sont pas le moyen de transport public le moins cher, le plus écologique ou le plus sûr. Mais les remplacer par des entreprises modernes de transport public exploitant aussi bien les routes, le rail et la lagune doit être fait simultanément avec la création d’activités intensives en emploi pour absorber les opérateurs de gbakas et woro-woro qui ne trouveraient pas de travail dans le transport public moderne. Une alternative pragmatique est de développer de grand centres de distribution dans la périphérie d’Abidjan pour moderniser le commerce, ainsi que de grand centres de réparations diverses pour moderniser l’activité des garages autos, frigoristes et autres.

 L’Etat peut favoriser cette transformation structurelle en aidant les opérateurs actuels de ces secteurs d’activité (transport, commerce, réparations diverses) à se fédérer en association professionnelle et avoir des prises de participation financière dans les entreprises modernes de transport, distribution et réparation à cote d’investisseurs privés ainsi que l’Etat si nécessaire.

Bouaké peut être structurée autour de l’industrie du tabac et du textile; Man peut être structurée autour de l’écotourisme. Korhogo et Ferké peuvent être structurées comme port sec avancé pour desservir le Mali et le Burkina avec toute une gamme d’activités de logistique nécessaires pour pleinement assumer une telle fonction. Daloa peut être structurée autour du commerce de gros des produits vivriers. San-Pedro peut être structuré autour de l’industrie agroalimentaire avec la transformation du café et du cacao. Et finalement Yamoussoukro peut être structuré autour de l’Institut National Polytechnique pour attirer des entreprises dans le domaine de l’ingénierie du bâtiment utilisant les matériaux locaux, les Nouvelle Technologie de l’Information et de la Communication et la biotechnologie.

Reformes administratives pour faciliter la création d’entreprise et le recrutement dans ces villes

Une fois ces infrastructures et activités économiques lancées, l’Etat doit créer des guichets intégrés dans ces 6 villes (reportant directement au Premier Ministre) pour d’une part recenser toutes les difficultés affrontées par les entrepreneurs qui veulent s’installer dans ces villes en réponse à cette nouvelle politique de création d’emploi et y trouver des résultats dans un délai contractuel ; et d’autre part pour recenser les demandes d’emploi en prévision de ces activités nouvelles et faciliter l’organisation des formations initiales nécessaires (en collaboration avec les centres de formation déjà existant) pour assurer l’adéquation de l’offre et la demande d’emploi.

 Que pensez-vous de cette proposition ?

Leave a Reply