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Quelques idées pour la création d’emploi en Côte d’Ivoire

Quelques idées pour la création d’emploi en Côte d’Ivoire (4)

Au détour d’une course au Plateau, j’ai récemment eu à traverser en voiture le boulevard Nangui Abrogoua à Adjamé. J’ai remarqué avec un intérêt particulier comment la façade de la grande mosquée d’Adjamé jouxtant le boulevard était devenue un centre commercial à part entière. Tout le boulevard grouillait de monde, chacun faisant la promotion de ses articles. Qui une robe ou un boubou certainement fabriqué par le tailleur du quartier. Qui des objets d’art. Qui un bijou certainement fabriqué par le bijoutier du quartier. Qui des tableaux peints avec cette petite touche qui évoque en nous un souvenir d’enfance. Qui des CDs d’artistes Ivoiriens qui nous égayent dans nos moments de joie ou nous consolent dans nos moments de peine. Qui des DVDs de l’émission « Ma famille » ou « Kabine de Babi ». Qui du « lacrou » (boulettes de viande ou de poisson) avec du fonio ou de l’attieke…

Pendant que cette scène m’émerveillait, une pensée m’est venue à l’esprit : comptons-nous tout ce monde comme des chômeurs ou des travailleurs ? Certainement pas des chômeurs, vu toute cette débauche d’énergie et d’idées. Mais très probablement, ils seront comptés comme des travailleurs pas suffisamment rémunérés à la hauteur de leur effort et ou de leur ingéniosité.

Dans les pays développés, il y a un secteur d‘activité de plus en plus florissant qu’on appelle « l’industrie créative ». Cette industrie regroupe des activités aussi variées que l’art, la musique, le cinéma, le design, la mode, l’architecture, l’imprimerie, la publicité, la photographie, les multimédias, la communication… L’une des particularités de cette industrie est qu’on a besoin d’un cadre règlementaire efficace pour protéger les productions de l’esprit. Une fois ce cadre institutionnel établi, tout individu qui a une idée géniale peut la transformer en équivalent monétaire. Une autre particularité de cette industrie est que plus on produit des œuvres de l’esprit, plus on améliore sa capacité d’en produire, et donc plus productif on devient. C’est que les économistes appellent une activité à rendement d’échelle croissant.

Ainsi la gastronomie ivoirienne, la musique ivoirienne, la comédie ivoirienne, la sculpture ivoirienne, la peinture ivoirienne, les danses traditionnelles ivoiriennes, le couture ivoirienne, la bijouterie ivoirienne, les contes et légendes ivoiriens, le tissage de pagne ivoirien et bien d’autres activités qui peuvent sembler banales sont de potentiels sources d’une richesse inimaginable si la promotion de ces œuvres de l’esprit est érigée en priorité pour la création d’emplois de qualité, si le cadre institutionnel pour protéger les œuvres de l’esprit est mis en place, et si la distribution nationale et internationale de ces œuvres est soutenue. Figurez-vous qu’avec Internet, certaines de ces œuvres peuvent se vendre à prix d’or à mille lieux d’ici…

Que pensez-vous de cette proposition ?

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